J’aime/Je n’aime pas : pourquoi vous avez tout à gagner à en sortir !

Je suis certaine que cela vous est déjà arrivé : lorsque vous regardez une affiche dans la rue, un document de présentation interne ou la carte de vœux de votre fournisseur principal, spontanément une réaction interne (qui parfois se verbalise au passage) vous fait penser « Ah, c’est top, j’adore »… C’est le fameux “j’aime”. Ou, au contraire, c’est le non moins fameux “je n’aime pas” qui se retrouve sous les réflexions du style « Je me demande bien ce qui leur est passé par la tête… ils ont craqué en faisant leur créa ou quoi ? ». Nous sommes tous humains et en tant qu’humains, nous passons tous par là !

Des automatismes de jugement

Dans la mesure où ces « j’aime/j’aime pas » sont très spontanés, ils sont issus de notre process automatique. Notre cerveau capte une information, un titre d’article, une image et zou… J’aime, je partage ou je passe mon chemin. Les réseaux sociaux et les flux ultrarapides qui animent le monde lequel nous vivons ont certainement un impact non négligeable sur cet automatisme. Depuis que Facebook et autres Twitter et Instagram font partie de notre vie, il me semble que le « j’aime / pouce en l’air » est quasiment devenu un réflexe. Si nous voyons un petit bout de quelque chose qui pourrait hypothétiquement nous plaire, nous pouvons être instantanément amenés à liker. À propos, lisez-vous systématiquement l’article associé à une photo/accroche que vous likez ? Une drôle d’expérience a été réalisée en ce sens. En 2016, le site The Science Post publiait un article titré « Étude : 70 % des utilisateurs de Facebook lisent seulement le titre des papiers scientifiques avant de les commenter ». 46 000 personnes ont partagé ce post qui, en réalité, n’en était pas un… Effectivement, l’article ne contenait que du faux texte, des juxtapositions de mots latins…

 

Cette réaction est-elle vraiment efficace et/ou pertinente ?

C’est vrai : au final, en quoi est-ce gênant de liker à tout va ? Demandons-nous plutôt ce que cela peut bien nous apprendre. Ces jugements automatiques ont un impact sur notre vie professionnelle. Parfois, nous ne prenons pas le temps de la réflexion avant d’émettre un avis. Cela s’effectue d’ailleurs au détriment de notre esprit critique qui n’a même plus le temps de peser le pour et le contre, ou d’identifier l’intérêt réel ou potentiel de l’objet ou du sujet que nous jaugeons. Il se peut très bien, par exemple, qu’une nouvelle documentation ne soit pas convaincante ou séduisante sous certains aspects et soit pertinente à d’autres niveaux. Pourquoi donc ne pas dépasser le réflexe naturel ?

La technique de réflexion latérale / PMI

Edward de Bono a développé une technique baptisée PMI qui consiste à lister les “plus”, les “moins”, ce qui est intéressant… Face à un concept ou une situation, il nous invite à réfléchir dans ce sens. Cela permet de ne pas tomber directement dans le « c’est nul, next ! » ou le « j’adore, c’est trop génial, pouce en l’air ! ». Oui, savoir prendre ce temps de réflexion, penser à sortir des process automatiques et regarder les choses avec un regard extérieur constituent des compétences vraiment précieuses. Ce n’est pas évident, je vous l’accorde. En revanche, il y a beaucoup à y gagner !

À vous de jouer !

Je vous invite à considérer…

deux choses, situations, affiches, présentations… que vous avez sous la main et pour lesquelles vous vous êtes dit « j’aime » ou « je n’aime pas ».

Ensuite, essayez d’identifier leurs atouts, leurs aspects positifs (les “plus”), leurs défauts ou inconvénients (les “moins”) et enfin et surtout, ce que vous retenez d’intéressant.

Cette dernière catégorie peut être la plus difficile à compléter mais elle est tellement enrichissante qu’elle mérite de s’y pencher ! Vous m’en direz des nouvelles 🙂